Le mot de la fin ? Je voulais vous dire que j’ai bien kiffé le shooting. J’espère que vous allez grandir de ouf. Gros coeur sur vous.
One final word? I wanted to say that I loved the photoshoot. I really hope you’ll find success. Big love guys.
Who do you consider a rival? I don’t have any. You could name all those girls who want to do the same thing, but I mean they’re controlled by their teams… I don’t hold grudges against any of them. How do you feel about being called the French Cardi B? It doesn’t bother me. I’ve been in the industry for some time, while Cardi B only popped up recently… But she’s Latina, and American, so it’s easier. Plus I mean she has a good team, she got lucky. Who would you want to collaborate with the most? Michael Jackson, he’s the best. He fascinates me. This man has always pushed himself to the maximum. He’s a good role model. I noticed that the LGBTQIA+ community has been following your career closely, why is that? Because I’m the Queen! [laughter] I’m a bitch. No but for real, it’s because they are free spirits. They know I tell the truth in my songs. Do you have any tip on how to be confident, talking to the women who are following you? They need to tell themselves that everyone is impressed by them and not the other way around. They have to be present. No matter whether you have scars, mosquito bites, cellulites or thick thighs… People will say: “This girl has cellulite but she doesn’t care she’s confident”. They’ll respect you instead of being grossed out. This girl is a Queen, she’s confident as fuck. Finally, where do you see yourself in ten years? Well first, I’m putting out an EP soon. But in ten years, I see myself… with kids [laughter] and my career slightly on standby. Maybe I’ll be an artist manager. I don’t see myself twerking my ass off at 40.
Est-ce que tu as déjà ressenti des blocages ou des réticences au long de ta carrière ? Ouais, j’en ai ressenti. Mais je les ressens moins. Les gens vont plus s’ouvrir parce qu’ils se disent que Liza Monet, c’est pas dégueulasse. Mais la vraie passion, c’est la musique et puis c’est tout : je fonce ! Dès les premiers clips, on voit une femme ultra sensuelle. Quel est ton rapport à la caméra ? Je vais peut-être te choquer, mais mon but ultime, c’est de faire bander les mecs. Je sais que t’as envie de rigoler, mais je vais pas te mytho. Derrière la caméra, j’ai quand même mon coté Alexandra, mon vrai prénom, qui est une femme réfléchie, j’ai cette petite envie de me poser avec quelqu’un, et tout... Mais à côté j’ai Liza, qui me dit qu’il me faut de l’argent, qu’il faut que je fasse l’amour à la caméra. J’ai envie d’apporter un truc en plus que les autres, avec mon regard fuyant, ma féminité. Comment tes proches ont-ils réagi quand ils ont vu tes clips ? Ils ont très mal réagi. Un matin, je me suis levée, comme ça, et là il y avait toutes les meufs de ma famille qui étaient dans le salon et qui pleuraient. “C’est dégueulasse”, etc. J’avais juste. envie de me tirer. Comment t’as affronté ça ? J’ai simplement dit que personne n’avait été là pour moi pendant tout ce temps, donc qu’il fallait pas venir me casser les couilles maintenant. Personne ne m’a tourné le dos. Maintenant je pense qu’ils se disent que ça valait le coup. Tu penses que tu as grandi depuis les premiers clips ? Ouais, il y a de l’amélioration. Mais pour l’instant c’est du pipi de chat. Je te jure que si j’avais les moyens… Tous mes titres sont différents, j’essaye toujours d‘évoluer avec les années. Et ta carrière a parfois pu poser problème dans tes relations amoureuses ? Oui, ça a clairement posé problème. Les mecs ne veulent pas être connus, ils pensent que je vais les exposer. Et les autres, qui kiffent au début, se disent ensuite : “ma meuf, c’est un garçon, c’est un keumé”...
INTERVIEW ENGLISH
Depuis les débuts, tu te désigne toi-même comme la Queen du rap français … Mais parce que c’est vrai ! Je suis la meilleure, j’ai apporté un truc en plus dans l’urbain, un truc qu’on n’avait pas forcément encore vu en France. C’est ce qui fait de moi la Queen ! Pour toi, c’est qui la concurrence ? Il n’y en n’a pas. On va peut-être citer des meufs qui veulent faire un peu pareil, après si c’est leur délire ... Je ne leur en veux pas. Et le surnom de Cardi B française ? Ca me dérange parce que ça fait longtemps que je suis dans la musique, alors que Cardi B, ça fait pas si longtemps qu’elle est là… Mais vu qu’elle est Latina, Américaine, en vrai ça passe. Après, elle, elle est bien entourée, elle a eu de la chance. Un featuring rêvé ? Michael Jackson, parce que c’est le meilleur et qu’il me fascine. C’est un mec qui a toujours voulu se dépasser lui-même, et je trouve que c’est un putain d’exemple. J’ai remarqué que la communauté LGBTQIA+ suivait de près tes sons. Tu sais pourquoi ? Parce que je suis la Queen ! [rires] Je suis une connasse... Non, parce qu’ils savent que je dis la vérité dans mes sons, ils sont libérés et ils savent que je parle du vrai. Concernant cette fois les femmes qui te suivent, t’as des conseils pour s’assumer pleinement ? Il faut qu’elles se disent que ce sont les gens qui sont impressionnés par elles, et pas le contraire. Il faut se montrer. Que tu aies des cicatrices, des boutons de moustiques, de la cellulite, des grosses cuisses... Les gens vont se dire : “Ah ouais, elle a de la cellulite sur les jambes mais elle s’assume“ . Ils te respecteront plutôt que d’être dégoûtés. La meuf, c’est une Queen, elle doit s’assumer de ouf. Enfin, tu te vois où dans dix ans ? Je vais d’abord sortir un mini album prochainement. Mais dans dix ans … Avec des enfants [rires], et la carrière un peu mise de côté. Pourquoi pas manager un artiste. Je me vois pas me trémousser comme une folle à 40 ans.
Translated by Auberies Stephan Edited by Yiyan Yang
Qui es-tu, Liza Monet ? … je ne sais pas par quoi commencer. J’ai toujours vécu avec ma grand-mère, ma mère n’était pas trop présente du fait qu’elle ait eu trois enfants, elle n’avait pas les épaules pour. Trop de travail, etc. Tu pourrais peut-être commencer par nous rappeler tes débuts ? Je fais de la musique depuis que je suis petite, depuis que j’ai 5 ans, mon père est un artiste, donc j’ai toujours grandi là-dedans. J’ai fait l’école normalement, j’ai commencé à écrire des textes de RnB. Je me suis ensuite dirigée vers le hip hop. De mes 16 à mes 19 ans, je me suis faite manager et entre temps j’ai trouvé un boulot, donc plus trop le temps de faire de la musique. Après j’ai rencontré un mec avec qui ça se passait bien au départ. Le souci c’est qu’il n’avait pas trop d’argent, il était un peu paumé, j’ai cherché à l’aider et le seul moyen que j’ai trouvé, vu que je traînais avec beaucoup de filles qui faisait du porno, des massages naturistes, de l’escort, etc... Je me suis faite un peu influencer par ces filles-là. Je me suis dite que moi aussi j’avais envie d’y goûter, donc j’ai fait trois scènes et les gens ont pris ça comme une carrière. Mais en vrai, pas du tout. Le seul truc que je faisais vraiment, c’était de la musique. Mais ça fait partie de moi, je ne peux pas le nier. Peut-être que si j’écrivais un livre là-dessus, les gens comprendraient mieux. Est-ce que tu as trouvé ça difficile de t’insérer dans le milieu du rap français en tant que femme ? J’ai réussi à m’imposer surtout grâce à un bad buzz. Tout ça m’est tombé dessus. Donc ce bad buzz, ça a été un tremplin ? Ouais carrément. Même si à un moment j’ai voulu arrêter en me disant que les gens voulaient juste me cataloguer, au final je me suis dit que j’arriverais à faire mes preuves 37 et à faire un peu d’argent, donc j’ai continué.
WRITTEN BY AMANDINE BARRA, BRUNO LECLERCQ EDITED BY JULES CAUZINILLE UNDER LUCIA ESPOSITO’S DIRECTION
NEW GENERATION
Interview LIZA MONET
PHOTOGRAPHER : RASMUS LUCKMANN
Liza Monet, who are you? … I don’t really know what to start with. I was raised by my grand-mother. My mother wasn’t around much, I mean she had 3 kids but didn’t have the shoulders to bear the load, too much work… Maybe you could start by telling us how you started out in this industry? I have been making music ever since I was very little, about 5 years old or so. My dad is an artist, so I grew up surrounded by art. I went to school and started writing R&B songs. I switched to hip hop at the age of 16. I had a manager for some time, but after a while I found a job and I didn’t have time to make music anymore. Then there came this guy. At first things were going really well. The problem was that he didn’t have enough money and he was a bit lost in his life. I wanted to help. Back then I hanged a lot with girls who did porn, nude massages or worked as escorts. I fell under their influence. I simply wanted to give it a go. I only shot three scenes and people took it as if that was my full-time job. But it was never like that. The only thing that I was really doing was music. I can’t deny my past. Maybe if I wrote a book about it people would actually understand. As a woman, did you find it difficult to make your voice heard in the French rap scene? I found success thanks to a bad buzz. It all happened without me even realizing. So this bad buzz, it was really the launchpad? Yeah definitely. Even if at one point I did consider quitting because I thought people wanted to label me. In the end I realized that I was proving my worth and making a little money so 45 I might as well keep going
INTERVIEW FRANÇAIS
Have you ever run into any obstacle or felt rejected during your career? Yeah I did but I feel it less and less. People are more open-minded now. They associate the name Liza Monet with something special. But my real passion is music so I’m just going for it in full speed. Right off the bat in your video clips, you’re painted as this ultra-sexy girl. How did you feel in front of a camera? This might sound shocking but my main goal was to get boys hard. I know you wanna laugh but I’m just gonna be honest with you. Behind the camera, I’m half Alexandra (that’s my real name), who’s this sensible woman who wants to settle down. But then I’m also half Liza, a girl who needs money so she makes love to the camera. I want to bring something different to the table, with my bedroom eyes, my sensuality. How did your loved ones react when they saw your video clips? Really badly. One morning I woke up and all the girls in my family were in the living room crying: “It’s disgusting”… All I wanted was to bail out of there. How did you deal with it? I simply said that no one had been there for me in the past so they had no right to bust my balls about it. They didn’t turn their back on me. Now I’d like to believe they thought it was all worth it. Do you think you’ve grown since your first video clip? Yeah, it’s all improved. But for now it’s all a bit diyish. I swear if I had more money… All my songs are different, I try to grow as the years pass by. Has your career ever gotten in the way of your relationships? Yeah, it did. Boys don’t want to be known. They think it will expose them. And the ones who don’t mind like the fame at first and then quickly start thinking shit like ‘my girl, she’s really a dude’. If you could pick a color to define your life, what would it be? Blue and pink. Half boy, half girl, for my strong and soft side. So purple. Ever since the beginning, you have referred to yourself as the Queen of French Rap… That’s because it’s true! I am the best. I’ve introduced something new to street culture, something that truly had never been seen before in France. And that makes me the Queen!
PHOTOGRAPHER : RASMUS LUCKMANN