Qui est- elle ? Née en Nouvelle-Aquitaine, et plus précisément à Brive la Gaillard, elle se découvre une passion pour la mode et pour le upcycling : dès son plus jeune âge, elle possédait une garde-robe fournie de vêtements de fripes customisés. Sortant de la Cambre à Bruxelles, elle enchaîne les stages interminables à Paris. Elle passe chez Alexander McQueen, puis chez Maison Margiela, chez Dior, Raf Simons, puis Balenciaga. Marine Serre se voit diplômée en 2016, et est très vite repérée par le concours de jeune créateurs organisé par LVMH. Qu’elle gagnera par la suite en 2017.
D’autant plus que chaque lieu choisi par la créatrice est différent et pensé en fonction des thèmes. Elle exprime un message simple et fort, sans strass ni paillettes. Elle nous accueille dans des paysages urbains, comme à la limite du périph parisien, sur un pont avec en fond de toile, la banlieue. Ou dans une cave de craie à Issy-les-Moulineaux. Pourquoi ? Pour incarner une population forcée de vivre sous terre, après l’Apocalypse. Ce n’est pas seulement la Lune qui est retournée, c’est le monde qui, renversé, passe sous terre.
MARINE SERRE Fall Campaign Styles
09/05/2019 Texte : Antoine L
‘Une approche du futur accessible’
On peut dire qu’une conscience débarque peu à peu chez les créateurs du monde de la mode. Et ce alors même que plus de 100 milliards de vêtements et accessoires sont vendus à travers le monde : une surconsommation qu’on appelle aujourd’hui fast fashion. Le tout doublé d’une pollution massive issue de la production. D’où l’intérêt de recycler ses vêtements, et de supporter un peu plus les boutiques vintages, et de contribuer à une mode plus propre.
‘Elle ne cherche pas à plaire mais à faire ce qu'elle aime’
MARINE SERRE, UNE LUNE RETOURNÉE
La nouvelle génération de designers émerge à Paris, et en particulier une “Marine Serre” que nous surveillons de très près . Depuis toujours, le monde de la mode a été confronté aux critiques sur la pollution, engendrée par la production des vêtements. Mais Marine Serre rallie les deux mots ”recyclage et vêtement” dans son couloir de créativité, elle intègre une synergie entre le recyclage et la mode dans ses défilés.
Ce qu’on apprécie chez Marine Serre Sa vision militante de la mode : transformer, s’amuser, s’approprier les matières pour construire de la couture upcycling ! Une approche de la mode propre. Des défilés qui expriment un message simple, dans un cadre simple, mais avec un impact fort ! On comprend ce qu’elle veut dire.
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Marine Serre nous dévoile son univers inspiré de la rue, des gens, du sportswear, et introduit le recyclage à la mode. Si son combat principal reste la beauté, l’upcycling lui semble une évidence face au gaspillage monstre de tissu par les grandes maisons. Un univers décalé, des faces bikini, des collections qui mettent en cause nos standards. Elle brise les codes. Elle s’amuse avec son temps. Et on le ressent ! Avec seulement quatre défilés, Marine Serre a marqué les esprits. Lors du premier, elle utilisait de vieux stocks de foulards de soies ainsi que des ballons de gymnastique coupés en deux, pour en faire des sacs. Le dernier défilé, nommé Radiation, retrace la mode après l’extinction des humains. Sympa ! Des masques à oxygènes, des silhouettes inhabituelles futuristes mais en même temps actuelles. Elle explique que les catsuits sont comme une deuxième peau, une mutation vers un nouvel être hybride, et on adore. Marine Serre s'approprie les matières. Entre autres, le néoprène des tenues de plongé est totalement transformé en une robe mondaine. De la monnaie sur les ongles, des coquillages sur les oreilles, sont aussi recyclés. Elle introduit un grain de folie dans la vision de ses collections.